Les apparitions de la Vierge Marie à Pontmain

17 janvier 1871

Priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps,
Mon Fils se laisse toucher. »

Un temps de guerre et de misère

C’est en plein hiver et en pleine guerre que la Vierge Marie a visité son peuple plongé dans l’angoisse. Paris est assiégé, les Prussiens sont aux portes de Laval. Parmi les soldats français, c’est le désordre et la panique. Sur une population de cinq cents habitants, la paroisse de Pontmain a vu partir trente-huit jeunes appelés sous les drapeaux. Aux misères de la guerre s’ajoute une épidémie de fièvre typhoïde et de variole. Tout va mal. Au milieu de ce péril national, la France se met en prière. Les habitants de Pontmain n’ont aucune nouvelle de leurs jeunes soldats. Découragés, les paroissiens de Pontmain ne manquent pas de dire : « On a beau prier, le Bon Dieu ne nous écoute pas ». Le 15 janvier 1871, à l’église, le curé avait entonné le cantique : « Mère de l’Espérance dont le nom est si doux, protégez notre France, priez, priez pour nous. » S’étant trouvé seul à chanter, le curé se retourna et exhorta ses paroissiens. Ces derniers finirent par chanter, mais en pleurant.

L’Apparition - 17 janvier 1871

Eugène Barbedette qui aidait son père, sort un moment de la grange pour voir le temps qu’il fait. Il contemple le ciel et voit un nombre incalculable d’étoiles alors qu’il n’est que 5 heures. Soudain, à sept ou huit mètres au-dessus de la maison d’un voisin, il aperçoit une Dame d’une beauté ravissante. Elle était vêtue d’une robe constellée d’étoiles d’or. Elle le regarde en souriant. « Qu’c’est beau ! », dira-t-il. Un ovale bleu avec quatre bougies entoure la belle Dame. Un voile de deuil encadre son visage fin et jeune. Elle porte une couronne d’or marquée d’un liseré rouge. Elle sourit. Eugène est captivé et émerveillé par le tendre regard de cette Dame qui le regarde en silence. Les villageois accourent. Le curé averti sort aussitôt du presbytère. Tout ému, il voit la Vierge. ( Il la décrivit de la même manière que l’avaient fait les autres voyants). Une veillée de prières s’organise vite. Tout à coup une banderole se déroule dans le ciel. Lettre après lettre, un message s’inscrit pendant que la foule chante les litanies de la Vierge : 

« Mais, priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher. »

Les villageois manifestent leur joie et la ferveur grandit. Mais bientôt le visage de Marie semble empreint d’une profonde tristesse. Elle montre Jésus ; une croix rouge apparaît avec Jésus tout sanglant. De ses deux mains, la Vierge Marie présente le crucifix aux enfants ; elle ne regardait plus l’assistance, mais elle abaissait ses yeux pour les fixer pleins de douleur, sur le Christ ensanglanté, tandis qu’une petite étoile allume les quatre bougies de l’ovale. Les gens continuent de prier ; on chante Ave Maris Stella. La croix finit par disparaître et Marie reprend l’attitude du début avec un geste de l’accueil. Tout le monde s’agenouille dans la neige pour poursuivre la prière. Bientôt un grand voile blanc apparaît et recouvre la Vierge entièrement. « Tout est fini » disent les enfants. Les gens du village retournent chez eux apaisés. Le saint curé rentre au presbytère tout ému et tout à fait convaincu de l’authenticité de l’Apparition de la Vierge Marie.

La nouvelle se répandit très vite dans toute la contrée comme dans toute la France. L’armistice sera signé onze jours plus tard et les allemands ne sont pas entrés à Laval ! Les trente-huit soldats mobilisés dans la paroisse de Pontmain reviennent tous indemnes.

Reconnaissance de l’évêque de Laval 

Des grâces de toutes sortes seront obtenues à Pontmain. Après une enquête et un procès canonique, l’évêque de Laval déclare le 2 février 1872 : « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, a véritablement apparu le 17 janvier 1871, à Eugène et Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé dans le hameau de Pontmain. »

Pourquoi la Sainte Vierge s’est-elle manifestée à Pontmain ?

On peut supposer que la sainteté du curé n’y serait pas étrangère. L’abbé Guérin avait une extraordinaire dévotion à Marie et à la Passion de Jésus. Quand il arriva à Pontmain, il plaça une statue de la Vierge au-dessus de la porte d’entrée de son presbytère et une autre dans le clocher de son église. Ayant entrepris de restaurer l’église, il voulut que la voûte soit peinte en bleu avec un semis d’étoiles. Il installa aussi une grande statue de l’Immaculée Conception au-dessus du maître autel. Chaque dimanche, le curé allumait lui-même quatre bougies devant la statue de Marie et y récitait le chapelet.

Mère de l’Espérance- dont le nom est si doux- protégez notre France. Priez, priez pour nous. Amen

5 années plus tard, en 1876, la Sainte Vierge apparaît une nouvelle fois à Pellevoisin